LE KAVE SE REBIFFE

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dimanche 9 octobre 2016

JUNK FOOD OU MALBOUFFE: UNE ANOMALIE FRANCAISE ET D'AILLEURS

" Parlez plus bas, on ne s'entend plus manger." Jean-claude Brisville 


La Kave se penche sur un sujet délicat, mais gras: la Malbouffe.

Il y a maldonne, il y a anomalie, il y a un malentendu.

Cela fait l'actualité régulièrement de manière récurrente et scandaleuse, et pourtant les choses ont peu évolué ces dernières années, malgré les campagnes de prévention et les avertissements répétés aux parents, enfants, jeunes et autres consommateurs de cet immonde Gloubi-Boulga, qui se permet en plus de nous inonder de publicités à longueur de temps dans les radios ou les chaines TV depuis des années. c'est l'overdose!
C'est un peu le serpent qui se mord la queue cette histoire, puisque les mêmes médias font à la fois la promotion de ces marques, et en même temps, nous grondent de ne pas manger sainement et de manière équilibrée...
Les problèmes liés à l'alimentation sont nombreux et la Kave l'avait déjà un peu évoqué dans un article précédent.
Ici, je ne m'attarderais pas sur la maltraitance des animaux dans le cadre de l'alimentation de masse, cela fera l'objet d'un autre article qui s'annonce fleuve aussi, car préparez-vous, l'article du jour s'annonce grassouille et copieux à l'image de la Junk food du 21ème siècle...



Nous la France, le pays de La Gastronomie, de l'Art de la table, de l'oenologie, de la maestria culinaire, sommes les victimes (consentantes?) de l'invasion de la Junk food ou malbouffe (comme on dit chez nous) depuis plus de trente ans, ainsi que du modèle du "Supermarché" instauré en France à partir de 1958. 
Je ne mets pas les Supermarchés et les fast foods dans le même panier (hum), mais on peut tracer une trajectoire entre ces deux gros fournisseurs de nourriture aux communs des mortels, chacun à leur façon. La Kave va d'abord aller faire un tour à la "Boutik", puis on ira se balader côté fast food nation...

Hé oui les Kavistes, l'ouverture du premier supermarché en France remonte au 15 octobre 1958, fini l'épicerie locale et les commerces traditionnels, car à partir des années 60, la Gaule de De Gaulle allait être envahie par des centaines d'enseignes à travers tout le pays et inonder le marché alimentaire de produits d'alimentation industriels.
L'alimentation de masse devenait la norme, et le supermarché son Temple.



Alors, à la Kave, on est comme tous les autres, on s'est fourni pendant des années dans ces magasins, et le coté pratique plus ou moins pas cher avait du bon. 
Mais sur les vingts dernières années, le consommateur a commencé à s'informer et s'est rendu compte que la qualité n'était pas vraiment au rendez-vous et que cette abondance industrielle n'était peut-être pas le paradis rêvé de nos assiettes.
D'abord, l'un des problèmes majeurs, c'est que la bouffe aujourd'hui a été tellement salopée de pesticides et autres joyeusetés chimiques qu'on ne sait plus vraiment si on doit avoir confiance dans ces produits. 
Les cancers diagnostiqués sont très souvent liés à une mauvaise alimentation , trop grasse, trop calorique et badigeonnée de produits par une industrie agro-alimentaire gavant leurs productions de conservateurs, d'additifs et toutes sortes de E2111, E124, etc etc, vous ne les connaissez que trop bien...ou pas.



De plus, le fait de vouloir vendre des fruits et légumes calibrés à des consommateurs toujours plus consentants, a balancé aux oubliettes les légumes anciens ou simplement, a formaté l'alimentation tel un vulgaire objet sortant d'une usine de montage. 
Ensuite (et là c'est le drame pour un Kaviste), même le vin, fierté nationale, a été corrompu par les saloperies répandues sur les vignes, et les cépages, influencés par le réchauffement climatique, montent en degré alcoolique alors que le goût a perdu en intensité et en saveur, ce qu'il a gagné en...productivité...
La malbouffe a envahi nos assiettes, nos cuisines et nos villes avec les enseignes bien connues de tous, dont certaines en sont devenues les représentants acharnés au nom de la rentabilité et du business florissant de la restauration rapide.




Alors, pourquoi serait-ce un drame Français?

Après tout, cela concerne tout le monde occidental, et même bien au delà de ses frontières.

Mais la France reste un mystère pour moi dans son trouble bipolaire avec la nourriture. 
D'un coté, la malbouffe, les gens qui grossissent en même temps que les chaines de Fast food se gavent de pognon, et de l'autre le "Bon manger" à la française avec son terroir, ses recettes ancestrales et la délicatesse de son art culinaire, étrange non?
Voici un pays devenu schizophrène, qui promeut des émissions de cuisine, des grands restaurants et aussi la qualité de ses recettes et de ses vins, mais qui, dans le même temps, subventionne de l'industrie alimentaire de masse, accueille des fast-foods de manière exponentielle et applaudit la réussite des entrepreneurs de la malbouffe.

Il suffit de réfléchir à ce chiffre: 
Tous les jours, en moyenne plus d'un million de français mangent chez Maccrado, et ça fait presque quarante ans que ça dure...

Les débuts de la chaîne chez nous commencent en 1972 où un homme d'affaires ouvre une franchise de Ronald le clown malfaisant à Créteil, puis sur les Champs-Elysées un an après. Depuis, le succès ne s'est jamais démenti à mon grand désespoir...



Et incroyablement, inexorablement, la culture du Burger, Pizza, frites, Sodas s'est répandue et propagée à une vitesse que peu aurait imaginé au tout début des années 80.
A l'époque d'ailleurs, beaucoup pensaient que ces "restaurants" n'auraient qu'une vie au sein des grandes villes, et que jamais les petites bourgades ne céderaient à ce genre de compromission face aux géants de l'industrie alimentaire...américaine.
Car le voilà le problème aussi, les français se sont américanisés, à vouloir singer tout ce qui sort de chez l' Oncle Sam.
Pourtant nous étions prévenus depuis des années, ceux qui ont vu supersize Me s'en souviennent...et pour ceux qui ne connaîtraient pas, voici un apercu.
 Et nous nous sommes mis à manger, à manger, à toujours plus manger comme les Yankees et à grossir comme eux, malgré que la cuisine française soit un fleuron de notre patrimoine et que les Français n'avaient pas de problèmes de surpoids plus que la normale avant l'arrivée de ce nouveau mode de nutrition.
C'est aussi le paradoxe de la culture culinaire à l'occidental, pendant qu'une moitié de la planète crève de faim et souvent de soif, l'autre moitié devient obèse et tend à une allure inquiétante à devenir une société façon "Wall E".


Via +Margot MCU 

 Voilà, à la Kave, on se bat pour préserver notre culture culinaire à la Française, nous sommes conscients que le combat se déroule aussi dans les porte-monnaies et que tout le monde ne peut pas se permettre de manger Bio, étant donné les prix honteux pratiqués par les distributeurs. Conscients aussi que privilégier les circuits-courts n'est pas chose aisée pour tous, nous restons tout de même sûrs que l'activisme alimentaire doit faire partie des combats d'aujourd'hui et de demain. 
Bien sûr, qui sont les premiers touchés par cette maudite malbouffe?
Les Gueux, comme d'habitude. 
On avait trouvé un moyen rentable de faire venir au "resto" et de faire dépenser de l'argent à la clientèle populaire et désargenté.
 On leur sert de la merde, mais c'est pas grave, l'essentiel, c'est qu'ils consomment jusqu'à l'overdose, qu'ils deviennent des américains moyens, et en plus il faut dire merci à nos gouvernants de nous offrir l'opportunité de la formidable sortie que représente une soirée au Macrado...hum...Et enfin, un dernier mot concernant les enfants, on me dit souvent:

"Oui, mais tu comprends, les enfants ils aiment le fast food! Tu ne peux pas les en priver!"

Hé bé si. 
Privez-les, martyrisez-les, et préparez-vous même vos pizzas et hamburgers. 
Faites-leur comprendre tout l'intérêt de la cuisine familiale préparée ensemble, et éduquez-les à...boycotter ces endroits néfastes pour le bienfait de leur santé et la notre.

Parce que notre santé vaut mieux que leurs profits, parce que notre cuisine traditionnelle vaut mieux que leur junk food grasse et dangereuse, parce que l'éveil de la conscience passe aussi par la convivialité, le plaisir de s'installer à une" (bonne) table et que la Malbouffe ne passera pas par la Kave!  



Continuons dans l'esprit de l'information et la Kave est allée farfouiller dans les méandres du net pour trouver quelques chiffres et écrits suffisamment convaincants pour vous alerter sur la situation actuelle. 
Voici donc à suivre un rapport sur le sujet au niveau mondial et complété par Marianne concernant la France, c'est écrit par un groupement d'experts anglo-saxons, du genre de mecs qui rigolent pas trop...



Lu sur Marianne.net: 

Un rapport publié par un groupe d’experts britanniques alerte sur les dégâts de la malnutrition sur notre santé. Un constat d’autant plus alarmant que la malbouffe gagne chaque jour du terrain, entraînant une explosion dans le monde du nombre de personnes obèses ou en surpoids.

Les données collectées ici attestent qu’une alimentation ne satisfaisant pas les besoins nutritionnels est donc ce qu’il y a de plus nocif pour la santé.
 En parallèle, et comme pour inciter les leaders politiques mondiaux à prendre leurs responsabilités, le rapport indique que la malbouffe gagne chaque jour du terrain, jusque dans les pays en voie de développement, paradoxalement aussi confrontés aux problèmes de sous-nutrition. 
Pour ces pays, situés principalement en Afrique et en Asie, l’étude montre d’ailleurs que la courbe de l’obésité est en train de rattraper, voire de dépasser, celle de la sous-nutrition. Les exemples du Sénégal et de l’Éthiopie sont parlants : entre 2011 et 2030, le nombre de diabétiques au sein de ces pays passera respectivement de 3,1 à 6,1 millions de personnes, et de 1,4 à 2,7 millions de personnes, soit le double.



40% de la population mondiale en surpoids en 2030

À l’échelle mondiale, le constat véhiculé par le rapport est similaire : il confirme que la proportion de personnes en surpoids connaît une constante augmentation. Estimée à ce jour à 30%, elle devrait atteindre les 40% d’ici à 2030. Ce problème de santé publique s’accompagne évidemment d’un volet financier déterminant. Selon les chiffres du gouvernement, en France en 2012, le coût social de la surcharge pondérale s’est ainsi élevé à 20 milliards d’euros, un montant comparable à celui de l’alcool (15 milliards d’euros) et du tabac (26,6 milliards d’euros). [ Super business ! ]



Pourtant, des propositions ont été mises sur la table depuis déjà plusieurs années pour faire en sorte de modérer notre consommation de produits riches en gras et en sucres. L’idée d’un logo à cinq couleurs (du vert au rouge) affiché sur les produits pour indiquer leur qualité nutritionnelle a par exemple été envisagée par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Soucieux de préserver leurs intérêts, les industriels ont obtenu la réalisation d’une étude financée par l’Assurance maladie (2,2 millions d’euros), qui sera rendue en décembre. Censée évaluer quatre différents systèmes d’étiquetage, elle est commandée par deux comités gangrénés par les soupçons de conflits d’intérêt, révélés dans une enquête du Monde. 
Plusieurs experts membres de ces comités ont même quitté le navire en chemin, estimant les dés pipés. 
Le professeur Serge Hercberg, président du Plan national nutrition santé (PNNS) et à l’origine du système du logo à cinq couleurs, a lui été écarté. 
Son idée, plébiscitée par l’association de consommateurs UFC Choisir, est jugée trop stigmatisante par les industriels, qui ont demandé à Stéphane Le Foll l’arrêt des travaux de recherche menés par son équipe, dans un courrier que Mediapart s'est procuré. Il y a cinq ans, le même lobbying avait déjà retenu la Commission européenne d’agir en faveur d’un étiquetage clair des denrées alimentaires. (NDK: Et l'opacité sur les additifs et leurs effets est loin de figurer sur les étiquettes...)


Aussi, au début du mois septembre, la direction du Trésor a soumis dans un rapport une autre proposition afin d'endiguer la consommation de produits mauvais pour la santé : une taxe sur les produits alimentaires favorisant le surpoids. Cette « taxe sur la malbouffe » a été balayée d’un revers de la main par Michel Sapin, le ministre de l’Économie et des Finances, et Christian Eckert, secrétaire d’État chargé du Budget, au prétexte qu’elle était trop compliquée à mettre en place et que le gouvernement tentait justement de baisser les impôts et supprimer des taxes. D’autres pays, confrontés à une urgence sanitaire encore plus importante, n’ont pas eu d’autre choix que de tenter le coup. Le Mexique, où 70% de la population est en surpoids, a mis en place en 2014 une taxe de 8% sur les aliments très riches en calories et de 10% sur les boissons sucrées. En un an, leur consommation a chuté de 8,5%." (NDK: les pays dits pauvres sont en train de rattraper leur retard sur le terrain de l'obésité, et ça n'est pas une bonne nouvelle.)



La Kave vous remercie de votre lecture assidue, merci à +A.M.D et +Sabine Ferguson pour m'avoir transmis quelques posts judicieux, m'ayant permis d'élaborer cet article.
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