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mercredi 13 septembre 2017

Tu fais quoi déjà dans la vie? Je Fais de mon Mieux


"Ôtez l'oisiveté du monde, vous brisez les flèches de l'amour." Jean-Baptiste Blanchard 



Voici quelques extraits du "manifeste des chômeurs heureux" publié sur le site sortir du travail.org et fourni par l'ami +Ooook .
De quoi bien occuper le Think Tank de la gueuserie avec une pensée à contre courant sur le thème du chômage, de l'argent et de l'utilité sociale ou pas...
De quoi alimenter les conversations à l'heure où notre monarque président considère avec mépris du haut de sa tour élyséenne les cyniques et les faignants...
A l'heure des manifestations contre la loi travail et des différents mouvements sociaux qui vont animer ce mois de septembre, il est savoureux d'évoquer ce rapport de l'homo economicus avec le chômage.



"Et qu'est-ce que vous faites dans la vie?"

"Nous savons tous et toutes que le chômage ne sera jamais supprimé.
La boîte va mal ? on licencie.
La boîte va bien ? on investit dans des machines, et on licencie.
Jadis, il fallait des travailleurs et travailleuses parce qu'il y avait du travail ; aujourd'hui il faut du travail parce qu'il y a travailleurs et des travailleuses, et nul ne sait qu'en faire, parce que les machines travaillent plus vite, mieux et pour moins cher.
L'automatisation avait toujours été un vieux rêve de l'humanité.
Le chômeur heureux Aristote, il y a 2300 ans :
-"Si chaque outil pouvait exécuter de lui même sa fonction propre, si par exemple les navettes de tisserands tissaient d'elles-mêmes, le chef d'atelier n'aurait plus besoin d'aides, ne le maître d'esclaves."
Aujourd'hui le rêve s'est réalisé, mais en cauchemar pour toutes et tous, parce que les relations sociales n'ont pas évolué aussi vite que la technique.
Et ce processus est irréversible : jamais plus des travailleuses et des travailleurs ne viendront remplacer les robots et les automates.
De plus, là où du travail "humain" est encore indispensable, on le délocalise vers les pays aux bas salaires, ou on importe des immigré-e-s sous-payé-e-s pour le faire, dans une spirale descendante que seul le rétablissement de l'esclavage pourrait arrêter...

Tout le monde sait cela mais personne ne peut le dire !
Officiellement, c'est toujours "la lutte contre le chômage", en fait contre les chômeurs et chômeuses.
On trafique les statistiques, on "occupe" les chômeurs et chômeuses au sens militaire du mot, on multiplie les contrôles tracassiers.
Et comme malgré tout de telles mesures ne peuvent suffire, on rajoute une louche de morale en affirmant que les chômeuses et les chômeurs seraient responsables de leur sort, en exigeant des preuves de "recherche active d'un emploi".
Le tout pour forcer la réalité à entrer dans le moule de de la propagande. Le chômeur heureux et la chômeuse heureuse ne font que dire tout haut ce que tout le monde sait déjà !!!

"Chômage" n'est pas le bon mot, une idée négative, le revers de la médaille du travail.
Un chômeur ou une chômeuse n'est qu'un travailleur ou une travailleuse sans travail.
Ce qui ne dit rien de la personne comme poète-sse, comme flâneur ou flâneuse, comme chercheuse ou chercheur, comme respiratrice/teur.
En public, on n'a le droit de parler que du manque de travail.
Ce n'est qu'en privé, à l'abri des journalistes, sociologues,... que l'on se permet de dire ce qu'on a sur le cœur : "Je viens de d'être licencié-e, super !" - "Enfin je vais pouvoir faire la fête tous les soirs, bouffer autre chose que des sandwichs, câliner sans limites."

Faut-il abolir cette séparation entre vertus privées et vices publics ?
On nous dit que ce n'est pas le moment, que ça tournerait à la provocation, que ça serait le jeu des beaufs. Il y a encore vingt ans, les travailleurs et travailleuses pouvaient remettre leur travail, et le travail en question.
Aujourd'hui ils et elles doivent se dire heureux et heureuses pour la seule raison qu'ils et elles ne sont pas au chômage, et les chômeurs et chômeuses doivent se dire malheureux et malheureuses pour la seule raison qu'ils et elles n'ont pas de travail.
Le chômeur heureux et la chômeuse heureuse se rient d'un tel chantage...



...L’argent est le problème

C'est justement parce que l'argent, et non l'utilité sociale, est le but que le chômage existe.
Le plein emploi c'est la crise économique,le chômage c'est la santé du marché. Que se passe-t-il dès qu'une entreprise annonce une charrette de licenciements?
Les actionnaires sautent de joie, les spéculateurs et spéculatrices la félicitent pour sa stratégie d'assainissement, les actions grimpent, et le prochain bilan témoigne des bénéfices ainsi engrangés.
De la sorte, on peut dire que les chômeurs et chômeuses créent plus de profit que leurs ex-collègues. Il serait donc logique de les récompenser pour leur contribution sans égal à la croissance.
Au lieu de cela, ils n'en touchent pas un rogaton.
Le chômeur heureux et la chômeuse heureuse veulent être rétribué-e-s pour leur non-travail.

Si le chômeur et la chômeuse sont malheureux et malheureuse ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de travail, mais parce qu'il n'ont pas d'argent .
Ne disons plus demandeur et demandeuse d'emploi mais : "demandeur et demandeuse d'argent", plus "recherche active de travail" mais : "recherche active d'argent".
Les choses seront plus claires.
Comme nous allons le voir le chômeur heureux et la chômeuse heureuse cherchent à combler ce manque par la recherche de ressources obscures.

Comptez au total combien d'argent les contribuables et les entreprises consacrent officiellement "au chômage" et divisez par le nombre de chômeurs et chômeuses :
Ca fait sacrément plus que nos chèques de fin de mois !
Cet argent n'est pas principalement investit dans le bien être des chômeurs et chômeuses mais dans leur contrôle incessants au moyen de convocations sans objet, de soi-disant stages de formation-insertion-perfectionnement qui viennent d'on ne sait où et ne mènent nulle part, de pseudo-travaux pour de pseudo-salaires, simplement afin de baisser artificiellement le taux de chômage. Simplement pour maintenir l'apparence d'une chimère économique.
Notre première proposition est simple et immédiatement applicable :
suppression de toutes les mesures de contrôle contre les chômeurs et chômeuses, fermeture de toutes les agences et officines de flicage, arrêt des manipulations statistique et propagande, et versement automatique et inconditionnel des allocations augmentées des sommes ainsi épargnées.

Le nouveau délire conservateur reproche aux chômeurs et chômeuses de se complaire dans l'assistance, de vivre aux crochets de l'état et patati et patata. Cependant, pour autant que nous sachions, l'état existe toujours et encaisse les impôts, c'est pourquoi nous ne voyons pas en quel honneur nous devrions renoncer à son soutien financier !
Mais nous ne sommes pas polarisé-e-s sur l'état.
Nous ne verrions aucun inconvénient à un financement venant du secteur privé - responsable direct et actif du chômage - que ce soit sous la forme de sponsoring, d'adoption, d'une taxe sur les revenus du capital, ou du racket. Nous ne sommes pas regardant-e-s !!![...]"


Kavistes du monde entier, reposez-vous!

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